Une « farinata de ceci » chez Napoléon

A nulle autre pareille, la crêpe de farine de pois chiches te récompense après une longue journée de voyage. Je me suis régalée de cette spécialité, autrefois perdue, mais remise à la carte de Giuseppe, notre Carolo parti renouer avec ses racines.

Techniquement, c’est une crêpe. Mais, la « farinata de ceci » (c’est tout de suite plus poétique qu’en français), comme son nom l’indique en italien, c’est avec de la farine de pois chiches. Un délice incomparable pour les gastronomes.

Si, au départ, je me suis rendue chez Giuseppe, c’était pour tester ses pizzas. Elles sont renommées au port elbain, alors que la concurrence entre pizzaioli y est rude. Comme il y avait déjà du monde, j’ai préféré ne pas faire la file au comptoir -j’avais déjà une longue journée dans les jambes, depuis Charleroi-, je suis allée m’affaler sur une banquette à l’écart. En retrait, mais avec un œil attentif sur ce qu’il se passait à l’entrée…

Palais de Napoléon
Le palais de Napoléon domine Portoferraio

Le comptoir et l’espace de cuisson sont contigus. Le local se résume en un long et large comptoir, le four et deux petites tables pour manger assis. De là, tu peux, soit repartir avec ta commande à emporter, soit occuper la terrasse, soit encore venir me rejoindre dans une des deux salles jointives.

A 18h, c’est le rush du soir. En attendant, les clients papotent, rigolent, font du vent avec les mains. Il y a de la vie et ça me met en joie de me retrouver de manière anonyme dans cette animation joyeuses.

Giuseppe, le Carolo cuisto

Avec mon italien plus qu’approximatif, j’avais préféré passer inaperçue dans cette cohue. J’attendrai que la tempête se calme avant de m’annoncer et de demander à parler à mon contact. En fait, je voulais d’abord satisfaire mes talons et l’estomac qui y avait glissé. Je ne fus pas déçue. Au contraire. Pour passer la commande au jeune serveur, j’ai demandé, au hasard de la carte hyper réduite, la première proposition d’entrée en attendant ma pizza à la napolitaine. La vraie !

Assise depuis un quart d’heure dans cet antre des saveurs, au pied du palais de Napoléon, je reçois une portion de ce qui ressemble à une épaisse crêpe. Mais qui flaire bon quelque chose d’inconnu à ma mémoire olfactive… Et qui active déjà la sécrétion de salive. Le goûter surpasse encore le fumet ! J’en tombe immédiatement amoureuse et conclus que je te parlerai des pizzas après… Priorité au plaisir immédiat!l

Notice historique (lire ci-dessous)

Reset la recette !

Bien que la recette soit minimaliste, tu as peu de chance de réussir à la reproduire chez toi. Il te suffirait d’un peu d’eau, de farine de pois chiches et d’un filet d’huile d’olive sur un marbre ultra-plat avec rebord, mais, si tu n’as pas un four qui atteint les 900°, oublie ! Et va chez Giuseppe…

la ruelle vers chez Giuseppe
Strada del Palazzo, 1 – I-8562 Portoferraio Isola d’Elba

En pratique :

Ton point de chute est en Italie, à la capitale de l’archipel toscan, Portoferraio, au pied du Palazzo. Inutile de réserver, c’est vraiment à la bonne franquette. Et c’est cela qui concoure à nourrir notre plaisir.

Horaire :

11h-14h & 17h30-21h30 du mercredi au dimanche.

Tarif :

Le prix est calculé au poids. C’est-à-dire que tu ne connais le prix que quand tu reçois ta commande (servie bouillante simplement posée sur du « papier de boucher », puisque c’est en fonction de la pièce que tu auras choisie. Mais, le prix est toujours dérisoire. Pour les Locaux, c’est une entrée, un accompagnement pour l’apéro, un en-cas en attendant la pizza…

Info : La trattoria de Giuseppe, strada del Palazzo, 1 – I-8562 Portoferraio Isola d’Elba – Italia

Telefono : +39 26 14 89 24 – latrattoriadegiuseppe@gmail.it

Julie Evôye

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Notice historique (lire ci-dessous)

Mais quelle histoire !

Lors de son premier exil, Napoléon Bonaparte fut nommé roi de l’Île d’Elbe. C’était en quelque sorte une punition pour celui qui s’était fait couronner empereur et qui fut battu par les alliés de la Perfide Albion. Il était assigné à régner sur un confetti entre le nord de sa natale Corse et la majestueuse Toscane. Contre mauvaise fortune bon cœur, mais en y mettant de l’entrain, Napoléon a pu, en quelques mois, réformer et structurer la vie administrative de son royaumeke.

De empereur, il devient roi…

C’est lui qui a pu lui donner un meilleur essor et une destinée enviable. Il faut dire que ce rocher habité par des pêcheurs et de petits paysans rustres, offrait un boulevard de réformes à un administrateur hors pair. Notez bien que, sur ce territoire aussi réduit qu’il soit, Napoléon s’était installé dans deux implantations : son palais officiel au sommet la capitale, Portoferraio, et un second palais, à la villa de San Martino, dans les collines à quelques encablures pour s’y retirer dans un confort à l’écart du port. Mais pourquoi diable ce Napoléon a-t-il quitté le paradis pour se jeter dans l’enfer des Cent jours, pour être à nouveau exilé, mais cette fois, à Sainte-Hélène ?

About EVOYE

Bonjour. Je m'appelle Julie Jautillet (30 ans, H.E.C.). Mais, entre nous, ce sera Julie Ēvôye ;-) Pourquoi ? Simplement, parce que je t'emmène dans mes pérégrinations aux 4 coins de l'Europe. Et, en wallon, mon dialecte préféré, cela veut dire : "en route !", "en marche", "on y va"! Alors... Ēvôye !

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